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mardi 25 février 2014

Deux vieux papis


Trois vieux papis tout vermoulus
Sur un très vieux banc tout moussu
Parlaient de la pluie et du temps.
(...)
Trois vieilles branches toutes tordues
Sur un très vieux banc tout moussu
Papotaient pour se faire du vent.
(...)
 
Nous sommes fin février et il fait beau. Ils sont là, assis sur un banc, à parler de tout et de rien. Tout est calme et paisible autour d'eux. Le soleil les chauffe doucement. Aujourd'hui il n'y a pas un nuage dans le ciel. À côté d'eux, leur chariot de golf. Ils profitent paisiblement de ce moment de bonheur saisi au vol.
Elle les aborde pour leur demander la permission d'utiliser la photo. Dans cet état de bien-être qui influe toujours sur l'esprit, c'est avec bienveillance qu'ils lui accordent ce droit. Ces deux papis ne sont pas vermoulus du tout, juste un peu chenus peut-être, mais, là, de dos, dans la lumière hivernale, Ils lui font irrésistiblement penser à cette chanson de Richard Gotainer,  
Trois vieux papis.
Elle se demande alors : c'est cela le bonheur ? On dit que le bonheur  « c'est le bien-être avec la conscience »*. Elle ne sait pas s'ils sont conscients de ce moment de bonheur impromptu, mais elle, oui.
Et en les quittant, elle a un sourire qui flotte sur les lèvres.

 
*Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne.


 
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mercredi 13 novembre 2013

Deux sœurs

 Elle ne connait pas leur âge. Voulant les décrire, on parlerait peut-être de deux vieilles dames. En fait, non, pas de deux vieilles dames. Ni de deux dames âgées. Cela ne leur correspond pas. Et puis pourquoi serait-on toujours défini par rapport à son âge ? Juste de deux dames alors.
Toujours élégantes, elles n'ont pas abdiqué les couleurs. Les roses, les bleus vifs et les rouges ne leur font pas peur. Accessoires clinquants, boucles d’oreilles rutilantes et étincelantes non plus. L'ensemble est toujours de bon goût et jamais vulgaire. Alors, quand elle pense à elles, c'est en couleur, jamais en taupe ou en couleurs d'automne.

 
Mais il n'y a pas que cela. De ces deux sœurs émanent aussi une certaine joie de vivre et une indulgence paisible envers les autres. Et aujourd'hui, en cette troisième journée de la gentillesse, elle pense à elles. Car ces sœurs gaies et pimpantes et qui ont un sens de l'humour certain mais jamais méchant, sont gentilles. Pas niaises, ni Bisounours. Simplement gentilles, dans le sens de bienveillance serviable. C'est assez rafraichissant dans ce monde de cynisme de bon ton. Où le besoin faire des bons mots, de faire rire, même en faisant grincer des dents, étouffe dans l'œuf toute aspiration à la gentillesse. Pas facile de lutter et d'être simplement gentil alors.
Emmanuel Jaffelin dit dans son petit précis sur la gentillesse que c'est une « vertu chaude et caressante ». Et c'est probablement pour cela qu'elle a toujours plaisir à parler à ces deux sœurs. Après, elle se sent toujours bien.
 
À lire : Petit éloge de la gentillesse d'Emmanuel Jaffelin


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