jeudi 9 août 2012

Lettre du 9 août 2012. Plantation de café et kangourous

 

 

australie_rochers.jpg

 

 

Ma chère tante,


J’ai bien reçu ta lettre hier. Merci pour les nouvelles. Voici la suite de mon mini journal (je te mets beaucoup de photos de petits wallabies car je sais que tu aimes les animaux) : 

Hier nous étions dansune distillerie de jus de mangue. Très intéressant. Mais la guide a suggéré que l'on pouvait utiliser leur liqueur pour finir des restes de whisky. Oups ! Mari chéri, que tu sais amateur éclairé, s'est bien tenu et n’a pas bronché !

Nous sommes allés également visiter une magnifique plantation de café dans un site superbe. La plantation était immense et nous avons fait le tour sur des chemins défoncés dans un vieux minivan avec un air conditionné poussif. Tu aurais adoré notre guide : l'australien typique, bien mieux que dans Australia, un gars qui a fait du cattle station (ranch de bétail) dix ans,  chapeau de l'outback sur la tête, buriné par le soleil, en short avec chaussures ad hoc, (très belles jambes avec des poils blonds tout frisés !) et surtout avec un accent australien à couper au couteau. Une seconde d'inattention et tu ne savais plus s’il parlait du café ou du temps qu'il faisait. Ton neveu Victor qui imite à merveille les accents (et est à Sydney actuellement) se serait régalé !


australie_kangourou2.jpg

 

C'était aussi une plantation de bananes et de papayes. Nous avons dégusté les meilleures bananes que j'ai mangées depuis d'Hawaï, il y a bien longtemps. Tu sais, parfumées et juteuses, quelque chose qu’on ne trouve pas sur nos marchés. Pour les papayes, nous nous sommes abstenus (nous avons un contentieux avec les papayes depuis qu'à l'ile Maurice un des enfants ait dit que cela avait un goût de… non, je ne peux pas te l’écrire. Goûte-en, ma petite tante, et donne-moi ton avis !).

  

australie_kangourou.jpg

 

Dans un autre site j'ai enfin vu mon premier kangourou (un wallabie à vrai dire). Nous avons pu nous approcher facilement, et comme ils voient souvent des touristes ils n'étaient pas sauvages. Il y avait une maman avec son bébé dans la poche, c'était trop joli. Mari chéri a pris des photos. Ce qui est aussi fabuleux, c'est que nous sommes hors saison et donc, presque toujours seul sur les sites.

 

australie_wallabie.jpg


Ils sont beaux mes wallabies, n’est pas ? Il fait enfin très beau. 
Je t’embrasse très fort.

Ta nièce affectionnée

 

Florence

 

crédit photos : mari chéri    

 

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter !  

lundi 6 août 2012

Lettre du 6 août 2012. Fin de la rainforest

 

 

australie_rainforest.jpg

 

Ma chère tante,

 

Suite du feuilleton from « down under * » :

 

J+7

Nous avons quitté la rainforest. J'avoue que deux jours avec humidité totale et pluie presque constante, cela suffisait. Mais c'était magique (et pas seulement grâce au champagne !) 

Le dernier jour dans cette région nous sommes allés sur une île au bout du monde, une réserve encore plus protégée que le reste. C'est un des seuls endroits au monde où la rainforest arrive en bord de mer, ce qui donne ces sortes de marais que l'on appelle mangroves. Mangroves où tu as l'impression que si tu te coupes il faudra t'amputer si ce n'est pas désinfecté dans les deux heures. Un mix de la jungle de Tarzan et d'African Queen.

 

australie_mangrove.jpg

 

Nous nous arrêtons dans un café de ce bout du monde. Ambiance humide, tout colle, ventilateur au plafond à pleine puissance, dans un coin l'éternelle télévision avec deux chanteurs très laids (si je t’assure, vraiment laids !)  qui font un duo que personne n'écoute. Le patron est un peu grumpy (grognon), le moins aimable parmi les australiens que nous ayons rencontrés. Dans une vitrine réfrigérée les gâteaux habituels sous cellophane. La terrasse est sous la pluie, le ciel est bas, il fait sombre car la rainforest nous entoure. Pourtant nous sommes presque au bord de l'eau, une cinquantaine de mètres nous séparent de la plage, une magnifique plage de sable blanc. Il règne une atmosphère d'abandon et de solitude incommensurable...

  

australie_plage2.jpg 

 

Je te laisse ma tante, il y a une éclaircie, enfin, et nous allons à la plage. Je t’envoie la suite dans quelques jours.

 Je t’embrasse affectueusement

 

Florence

 

* down under : surnom de l'Australie, littéralement en-bas dessous. Allusion au fait que l'Australie est le seul grand pays avec la Nouvelle-Zélande dans l'hémisphère sud, « en bas » du globe terrestre 


 

 

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous
à 
la Newsletter ! 

 

 

vendredi 3 août 2012

Lettre à ma tante du 3 août 2012. Sydney et la rainforest.

 

 

australie_Sydney.jpg

 

Ma très chère tante,

Nous sommes arrivés hier en Bretagne. Nous t’abandonnons à nouveau pour quelques semaines comme d’habitude. En préparant nos bagages j’ai retrouvé un journal que je t’avais écrit il y a deux ans lorsque nous sommes allés en Australie. Je ne te l’ai jamais envoyé. Comme deux de tes petits neveux sont dans ce pays, j’ai pensé que cela t’intéresserait de le lire. Je te le livre tel quel :

  

Fin février 2010

Un petit coucou d'Australie pour que tu saches que les crocodiles ne m'ont pas dévorée. Je t'ai fait un petit feuilleton pour occuper tes soirées.

 

Australie J+5

Nous sommes restés déjà deux jours à Sydney qui est une très jolie ville, à taille humaine. Du haut des mes cinq jours de vie en Australie je trouve que c'est un pays très agréable à visiter, les australiens sont cool, pas stressés et très aimables avec les étrangers. Pas de queue, de la place pour tout le monde... on s'y installerait presque si ce n'était si loin de tout ! Je trouve aussi que les Aussies ont bien plus de style que les Californiens, ils font plus penser aux américains de Nouvelle Angleterre mais il y a indéniablement une influence british. Les filles savent ce que c'est qu'une robe, des talons, il y a une certaine élégance en général (des nappes en tissu dans les restaurants et des petits détails de rien comme cela) que tu n'as pas aux US. C'est l'Angleterre en plus décontracté ! Mais encore une fois, je ne suis là que de puis cinq jours !

 

australie rainforest3

 

Rain Forest

 Mardi matin, nous prenons l'avion pour Cairn, au Nord, vers la rainforest (forêt humide) et arrivons dans un Eco Lodge Hotel. Imagine un hôtel fait de petites unités (nous sommes loin des Hyatt gigantesques) disséminées dans la rainforest. Inutile de préciser qu'il fait 28°C avec 80% d'humidité. Ventilateur et air conditionné obligatoires. La chambre a un balcon et un spa sur ce balcon. Lit à baldaquin avec voilages autour, meubles en bois, bougies parfumées et bruits de la rivière... humm... en plus mari chéri, qui sait  faire les choses avec style, a commandé du champagne...  le reste est « private and confidential » !


 australie_mangrove2.jpg

 

Le papier ramollit, tout ce que tu touches est poisseux... mais la rainforest, c'est impressionnant. Nous sommes sur la terre des aborigènes (en fait, en me relisant je m’aperçois que c’est idiot d’écrire cela, la terre des Aborigènes, c’est partout en Australie !) et hier l’un d’eux était notre guide et nous a fait faire un tour dans la forêt. Je suis en train de lire le récit de la vie de son grand père écrit par une américaine qui a recueilli son témoignage. C'est passionnant et triste à la fois.

 

australie_rainforest4.jpg

 

Je te quitte ma petite tante. La suite dans ma prochaine lettre.

Je t’embrasse

 

Florence

 

Ps : il fait un temps affreux depuis le début de notre séjour !


 

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter !  

mardi 31 juillet 2012

Le déjeuner sur l'herbe

Le_Dejeuner_sur_l-Herbe.jpg

Bretagne sud, fin juillet, une scène surprise par hasard.

Assis sur un talus herbeux, ils sont alignés bien sagement tous les quatre et dévorent à pleines dents leurs sandwichs. 
À cent mètres, le très beau château médiéval de Suscinio magnifiquement restauré. Juste derrière eux, l’océan Atlantique tout proche. Mais les quatre pique-niqueurs ont préféré rester sur le parking. Ils se sont installés derrière le coffre ouvert de leur Scénic, tournant résolument le dos à la vue sur la mer. Assis juste derrière le pare-choc de leur voiture et royalement indifférents à beauté du site, ils continuent à déjeuner dans un bel ensemble, levant seulement de temps en temps les yeux pour tendre la main vers la bouteille d’eau.

 Nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes émotions et sommes tous différents. Mais certains sont vraiment très différents.

 

Ce billet vous a plu ? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter ! 

jeudi 26 juillet 2012

Osez bronzer idiot !

idiot.jpg

En ces temps d'efficacité maximum et de rentabilité exacerbée, profitez des vacances : ne faites rien et bullez au soleil sans mauvaise conscience. Oui, bullez sur la plage ou sur votre terrasse avec comme seule compagnie votre crème solaire ! Si vous lisez, lisez des livres sans intérêt et allez voir des films ineptes au cinéma. Laissez-vous aller sans complexes et osez enfin être un vacancier décérébré qui n'a d'autre ambition pendant les vacances que de lâcher prise et de passer ses cellules grises à l'essoreuse. Oubliez vos mails et smart phones, le patron qui vous ennuie, la courbe des ventes en zigzag et ce collègue agaçant. Et si vous voyez une affiche d’exposition, de musée, fuyez, fuyez loin et ne vous arrêtez que lorsque vous aurez trouvé une terrasse pour boire une bière avec d’autres débranchés. Si vous voulez voyager, consommez du surimi de tourisme, Ibiza ou autre où vous n'aurez pas d’états d’âmes pour la population locale. Pour la radio, évitez France Inter qui vous parle de Montaigne à midi justement pour vous éviter de bronzer idiot. 

À la rentrée, si vous avez suivi ces conseils judicieux, le corps reposé et le cerveau totalement lobotomisé, vous serez capables d’attaquer à nouveau l’année, d’avaler toutes les vilenies de la vie, le chômage à la porte, le CAC 40 incertain et les guerres qui n'en finissent jamais, les accumulant jusqu’à l’été prochain, époque où vous aurez le droit à nouveau d’être en rupture du quotidien et de devenir à nouveau un abîme de vacuité oisive.

Bonne vacances !

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter !

dimanche 22 juillet 2012

Le tramway

tramway2.jpg

C'est dimanche et il est presque midi. Elle marche en solitaire dans la ville silencieuse. Mais sa ville, sa belle ville, est éventrée et exhibe des plaies béantes. Sous le soleil de juillet et dans les rues désertées par ses habitants, elle ressemble plus que jamais à un patient qu'un chirurgien négligent aurait abandonné sur la table d'opération. Les marteaux piqueurs et les pelleteuses ont été des scalpels impitoyables et les palissades, comme autant de champs opératoires, cachent mal ces déchirures. Ses entrailles ouvertes exposent avec impudeur de la ferraille et des tuyaux tordus.

Elle traverse la vieille ville. Elle sent l'âme de la cité qui palpite sous la pierre bleutée. Sa ville reprend des forces pour affronter demain les machines qui vont encore la retourner et l'ouvrir sans pitié.

Mais dans un an, dans deux ans, on ne sait, ses plaies cicatrisées, elle se redressera, orgueilleuse et fière à l'ombre de sa citadelle. Et elle aura oublié ce qui ne sera plus lointain souvenir parmi tant d'autres.

Simon Daval

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter !

mardi 10 juillet 2012

L'accompagnatrice

champsaur-piolit2.jpg

Vendredi soir, le 6 juillet.
Il est presque minuit et ils arrivent à la chambre d'hôte à 1200m d'altitude, près de Gap dans les Hautes-Alpes. Il
 fait 12°. « Mais qu'est ce que je fais là ? » murmure-t-elle, tout bas afin que mari chéri ne l’entende pas. Douze ans de vie dans le Jura, en moyenne montagne, lui ont définitivement donné une allergie épidermique à la montagne en été. C’en est presque de l’autisme. Et la dernière fois qu’ils ont séjourné dans cet endroit, le temps était affreux, brouillard une partie de la journée avec 10° en plein été. Alors elle est venue en trainant les pieds et en ronchonnant, avec trois pulls dans la valise.

Mais elle venue. Son traître de mari lui a pris le pack d’accompagnatrice de trail car il s'est inscrit au Champsaurin, dimanche, un trail de 37 km avec 2500 mètres de dénivelé. Le trail, cette course à pieds sur sentiers, si éprouvante. On souffre, on dépasse ses limites, on se repose un peu et puis on recommence ! Et tous les trailers vous diront aussi que, ce faisant, ils voient des paysages magnifiques. Pour communier avec la nature, elle, elle préfère jouer au golf, mais le trailer de base a du mal à partager son point de vue. Voyez-vous, Ils ne jouent pas dans la même cour.

Le lendemain matin, encore au lit, en ouvrant les yeux, elle aperçoit un petit morceau de montagne qui se découpe sur le ciel bleu. Ah ! Le fourbe, il a tout prévu pour qu’elle soit obligée de sourire. Il fait même presque chaud au soleil. Ils partent alors faire une marche facile qui les entraîne à plus de 2000 mètres, vers un petit lac de montagne, ses abords herbeux avec de gros rochers plats. Ils repèrent plus de vingt espèces de fleurs différentes. C’est idyllique. Sa mauvaise foi ne peut résister : elle est conquise.

champsaur_fleur3.jpg

Le jour de la course, son statut d’accompagnatrice l’emmène au premier point de ravitaillement. Elle voit les premiers coureurs, gazelles au pied léger qui ont l’air de ne pas toucher le sol. Elle joue le jeu, applaudit tous ceux qui passent (plus spécialement son trailer), puis redescend à pied vers le village d’arrivée, à deux heures de marche. Elle admire le paysage magnifique, tout la vallée du Champsaur qui s’étale sous ses yeux.

Finalement elle attendra quatre heures son trailer dans ce petit village de montagne, dans une ambiance bon enfant et sans jamais s’ennuyer. Elle avait apporté magazine et livre mais ne les ouvrira pas. Elle s’émerveillera des performances, félicitera de parfaits inconnus, consolera un jeune d'un adandon suite à une blessure et admirera l’esprit d’entraide. Elle achètera aussi cinq kilos d’abricots pour faire des confitures. Et puis sur le chemin du retour, mari chéri lui décernera le titre de coach officiel car, pendant la course, elle aura su trouver les mots pour l’encourager lors d’une défaillance passagère.

Allez, il faut bien le dire, elle, la citadine, a passé un superbe week-end dans ce village de montagne de 600 habitants.

Le week-end prochain ? Son trailer se repose… et elle aussi. Accompagnatrice-coach, c’est épuisant !

Ce billet vous a plu? Pour être averti automatiquement à chaque nouvelle diffusion sur le blog, inscrivez vous à la Newsletter !