lundi 7 janvier 2013

Sydney. Dernier jour, arrêt sur images

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Paris, au Train Bleu, à la gare de Lyon. Elle attend son train pour rentrer chez elle. Fin du voyage. Elle pense à sa dernière journée en Australie. Avant-hier, si proche et déja si loin. Quelques arrêts sur images.

 Un petit déjeuner au pied de l'opéra de Sydney. Elle est avec mari chéri et ses deux aînés. Il fait déjà très chaud et il n'est que dix heures. Café et banana bread au menu. Leurs voisins brunchent ou déjeunent avec du vin pétillant et des hamburgers faits de bacon et de deux oeufs pochés. La vue est fabuleuse. Il ne faut pas penser au retour.

Deux jolies dames élégantes qui posent pour une photo. En toile de fond, la baie de Sydney. L'un de ses fils se précipite, met le bras autour des épaules de l'une des dames et prend la pose. Cela fait rire les femmes ainsi que les quatre jeunes filles qui les accompagnent. La photo est prise. À l'autre bout du monde, quelque part dans un album, cette photo rappellera ce moment et ces rires partagés avec des inconnus. Et tout le monde demandera à la dame : « Mais qui est ce garçon qui te tient par les épaules ? »

Darling harbour transformé en baignoire géante. Darling harbour est l'un des nombreux bassins plus ou moins grands du port de Sydney. C'est assez touristique et bordé de très nombreux restaurants. Ce soir, les caprices d'un artiste facétieux l'on transformé en baignoire géante : un gigantesque canard jaune en plastique gonflable est posé sur l'eau. L'artiste potache s'appelle FLorentijin Hofman et est hollandais.

Et pour finir, le feu d'artifice sorti de nulle part et tiré à Darling Harbour un 5 janvier, sans raison apparente. Cerise sur ce merveilleux Christmas pudding que fut cette parenthèse australienne et néo-zélandaise.

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jeudi 3 janvier 2013

Nouvelle Zélande. Kawhia, beau et laid à la fois

 

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C'est un petit port à l'air endormi et oublié. On y arrive par une route unique à lacets qui rend son accès plus difficile. Le lieu se mérite. La groupement de maisons que l’on peut à peine appeler village est situé au bord d'une anse immense dont on a peine à voir l'entrée tellement elle est grande. On devine juste de quel côté doit être la mer. Le paysage tourmenté est à faire rêver tout amateur de vue panoramique.

C’est le matin et sur le ponton de bois des pêcheurs sont déjà installés. Il pleut un peu par moment mais il fait plutôt chaud. Une famille arrive avec deux petits enfants et des canes à pêche, Cela semble être l’une des activités favorites du coin. Le sable est noir car la Nouvelle-Zélande est volcanique. Mais aujourd’hui, mouillé, il est encore plus noir que d’habitude.

L’ensemble est beau et laid à la fois.

Ils vont prendre un café dans le coffee shop du port. Chez les Kiwis comme chez leurs voisins australiens, il faut vraiment savoir ce qu’on veut lorsque l’on commande un banal café. Ils ont décliné le produit à l’infini : short black, long black, moccacino, cappucino. flat white, chaï latte, latte, lait écrémé, lait de soja... Expresso n’est pas toujours le mot magique pour se faire comprendre.

Des locaux sont en train de prendre un solide petit déjeuner : œuf, bacon, etc.  Une voile est accrochée au plafond et divers objets ayant trait à la mer sont fixés au mur sur un filet de pêche. Un canapé en tissu, profond et confortable, donne envie de s’y installer. L’ambiance est chaleureuse et agréable. Un peu kitsch, mais s’y sent bien. Un petit garçon fait rouler sa voiture sur le parquet. La femme regarde celui-ci et se dit qu’il serait beau dans sa maison de Bretagne. Mais l’architecte d’intérieur qui la conseille est déjà au bord de la folie avec ses choix de parquet alors elle renonce à se renseigner.

En attendant sa commande elle va jeter un œil sur la boutique d’artisanat en face. Des sculptures en bois flottés et divers petits objets lui plaisent mais les valises sont déjà pleines. La moitié du magasin est en fait une brocante, un marché aux puces. Les trois maoris qui discutent dans un coin bien installés dans des fauteuils ne semblent pas très concernés par la visite d’acheteurs potentiels.

Ils quittent ce petit port à l’écart et oublié du temps. L’avion, lui, est au XXIe siècle et ne les attendra pas.

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mercredi 2 janvier 2013

Nouvelle Zélande. Auckland : le port, la mer, les bateaux et Imagine.

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Elle ne voit tout d'abord du port que d’énormes containers qui bloquent la vue sur la mer. Auckland est un port marchand et un port de pêche. Mais ce sont aussi les bateaux à voile qui font sa renommée. Et pas n’importe lesquels. Ceux qui ont traversé les mers en relevant des défis impossibles. Oiseaux de légende qui peuplent les rêves d’adolescents en quête d’aventures et font soupirer d’envie les voileux de tous horizons.

Ils vont dîner dans un restaurant sur le port. Il fait bon et le Sauvignon blanc néo-zélandais se boit facilement. Sur le quai qui lui fait face, un immeuble de cinq étages. Derrière l’immeuble, on aperçoit le haut d’un gigantesque bateau de croisière, mouillé de l’autre côté. Palace des mers, faisant escale pour quelques temps en Nouvelle Zélande. Puis ils se promènent sur les quais. Tout un quartier du port a été réhabilité. C’est très beau. On sent l’endroit vivre et respirer avec la mer toute proche. Des concessions ont été faites au tourisme mais les bateaux sont omniprésents.

Ils marchent au hasard. Les différents quais et pontons ne sont pas privatisés et aucune porte grillagée et cadenassée ne bloque leur accès. Il règne une impression de calme et de sérénité. C’est le soir et l’activité de la journée est retombée. Ils peuvent alors admirer des voiliers tous plus beaux les uns que les autres. Un des pontons un peu à l’écart cumule à lui seul trois géants des mers faisant une cinquantaine de mètres chacun (oui, c’est vrai, elle a regardé les plaques). Le plus majestueux s’appelle Imagine. Elle se demande alors si ces monstres sortent de temps en temps ou restent ancrés là à faire le beau.

Un peu plus loin, deux monocoques, de plus ancienne facture, sont mouillés côte à côte. Ils paraissent alors tout petits mais font quand même une vingtaine de mètres chacun. Tout de teck et de bois verni, avec leur bout-dehors et leur silhouette aristocratique, ils tiennent la dragée haute aux monstres qu’ils côtoient.

Le lendemain la famille de la femme a programmé une sortie sur l’un de ces bateaux qui ont fait l’America’s Cup. Une petite brise est établie et la mer est presque plate. Elle va au bout de la jetée et les regarde sortir du port. L’endroit semble avoir été fait pour des gens comme elle, pour guetter les entrées et les sorties du port. Des fauteuils et des petits arbres en pots ont été arrangés pour former un coin agréable et ombragé. Une moquette de fausse herbe complète l’ensemble. Peut-être cela a-t-il été installé pour les arrivées de courses ? Elle rêve un peu puis apreçoit alors Imagine, qu’elle a admiré la veille, qui sort du port. De haut, il paraît encore plus grand, encore plus beau. Avec son pont en teck et sa coque bleu marine, il est monstrueusement élégant. Trois femmes discutent sur le pont pendant que des hommes d’équipage font la manœuvre. Elle aprend après qu'il se commande avec un Ipad. La grand voile est hissée, puis le génois, et il disparaît derrière une pointe.

Plus tard, elle voit un petit canot avec trois jeunes à bord rentrer au port. Elle les suit des yeux. L'homme de barre a une bière à la main. Leurs regards se croisent et il lui fait un signe amical de la main avec un sourire. Du haut du môle, la femme lui rend son sourire.

Il fait beau. La vie est belle.

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Crédits photos : Marguerite et Pierre Legros

 

 

 


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lundi 31 décembre 2012

Les vélos tricotés de Melbourne

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Au détour d'un carrefour, elle découvre un porte vélo tricoté. Oui, tricoté, c'est à dire recouvert de fils de couleur organisés ensemble. Donc, c'est bien du tricot ? Manifestation du « yarnbombing », un mouvement un peu bizarre qui serait né au Texas en 2005 (?) et qui consiste à recouvrir le mobilier urbain et même les arbres avec du tricot ou du crochet. Curieux, n'est-ce-pas ? Et contrairement aux tags, c'est encouragé par les pouvoirs publics s'il n'y a ni dégradation ni vandalisme. Alors, au début de l'hiver (juin en hémisphère sud), les arbres, les poteaux, se sont vus agrémentés de cache-nez multicolores. La nuit, des bandes organisées se sont données un délicieux frisson d'angoisse et de délinquance encadrée en décorant le mobilier urbain de Melbourne. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers, qui eut cru que ce put être si drôle ? Puis des magasins ont fait des opérations marketing et organisé des concours de vélos tricotés. Et hop le mouvement a démarré. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers... 

Ils sont fous, ces australiens ! 

Il y a même une journée internationale du « yarnbombing » : le 11 juin... enfin, il n'y en a eu qu'une jusqu'ici.


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Crédits photos : Marguerite Legros


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mardi 25 décembre 2012

Beach Christmas ou les rois mages à la plage

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Témoignage d'un Noël dans l'hémisphère sud à Sydney. Dépaysant, déroutant et insolite. 

 Les joueurs de beach volley ont des bonnets rouges et les rois mages se promènent le long de la plage sur des chameaux locaux. 

Crédit photo : Marguerite Legros

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lundi 24 décembre 2012

Melbourne, la rue

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À Melbourne le spectacle est vraiment dans la rue. Dans le CBD (central district business) c'est plus raisonnable, mais partout ailleurs c'est un peu la folie. Nous sommes ici au bout du monde, et on a l'impression que les codes qui nous régissent (et nous emprisonnent quelque fois) depuis des générations ont été jetés à la mer. Et comme l’héritage des melbourniens est majoritairement  anglais, le résultat est un peu déjanté parfois. Alors il ne faut pas toujours chercher l’harmonie et l’esthétisme classique. Non, il faut regarder et en prendre pleins les yeux.

Ici les jupes sont courtes, très courtes. Ainsi celle de ces deux jeunes filles qui montent dans le tramway. Elles sont habillées pour sortir. L’éternelle petite robe noire pour l'une d'elle... enfin, non, pas tout à fait. Style année 60 relooké. Elle arrive à peine à mi-cuisse. Depuis la ceinture, le dos est entièrement en tulle transparent noir. Le devant de la robe est noir mais une large bande de tulle au milieu fait que le tout est très indiscret. Avec ses bottines noires l’ensemble est esthétiquement discutable mais surtout la robe est très très audacieuse. Il est sept heures du soir, nous sommes lundi c’est l’heure où tous le monde sort pour dîner. Dans un autre pays, sous d’autres latitudes toutes les têtes se tourneraient. Ici, non, les gens continuent à discuter tranquillement, sans remarquer autrement la tenue de la passagère. Tolérance ou indifférence ? Tolérance, semble-t-il car les australiens sont très amicaux et, loin de l'indifférence morose des parisiens, engagent facilement la conversation avec de parfaits inconnus, dans le bus ou ailleurs.

Mais le melbournien parfois donne vraiment l’impression de s’habiller le matin au hasard, selon ce qui lui tombe sous la main. Et comme, ici les quatre saisons peuvent alterner dans la même journée (comme à Londres, dit-on), tout le monde n'est pas forcément en phase. Et on voit des assemblages curieux, un jupon en tulle avec des bottes fourrées, une couronne de fleurs en plastique sur des cheveux bleus (si, si, c'est vrai, elle l’a vu !), des collants opaques brillants avec des dessins flamboyants sur une jupette de polyester transparente… Elle voit une jolie fille qui passe avec une jambe entièrement tatouée. Car les jambes, les bras, les cous, les mains sont tatoués. Cette mode du tatouage est une déferlante à Melbourne. Ce n’est pas réservé à une population marginale et personne ne s’étonne. 

Mais là, elle vous laisse, elle vient de trouver un autre vélo tricoté et doit prendre des photos.

Have a good one, mate !


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Crédits photos : Marguerite Legros


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samedi 22 décembre 2012

Melbourne, la ville de toutes les folies

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Elle est à Melbourne depuis une semaine. Melbourne est en fait une ville où il n’y a pas grand-chose à visiter. Une fois que vous avez vue la gare victorienne, le NGV (National Gallery of Victoria) et un ou deux parcs, vous en avez fait le tour.

Mais si vous vous arrêtez là, vous manquez l’essentiel. Car Melbourne est une ville qui se vit, plus qu’elle ne se visite. Il faut regarder les gens, explorer les ruelles, aller dans les cafés, les restaurants. C'est une ville jeune qui bouge et la créativité est à fleur de peau.

Sa fille et elle ont loué un loft dans le quartier de Fitzroy. Ce quartier est un des plus vieux de Melbourne. Les premiers colons se sont installés là. Il en reste quelques façades qui confèrent aux rues un charme indéniable. Puis au fil des ans le quartier est devenu un peu mal famé. Il est actuellement réhabilité et est connu pour le street art. Dans chaque ruelle, à chaque coin de rue, elle voit des tags tels qu’elle n’en a jamais vu. Un art vivant et coloré, original et plein de vie. Un art aussi qui évolue et ne se fige pas. Sa fille, qui vit dans la ville depuis plusieurs mois, est curieuse et aime découvrir de nouvelles cultures. Elle lui montre ses coins préférés. Un jour elles passent dans une petite ruelle. Les murs sont couverts de dessins de toutes sortes, pas les graffitis faits à la hâte en ayant peur que les autorités arrivent. Non, ces sont de vrais dessins et peintures qui ont pris des heures à être réalisés. Certains sont en reliefs, d’autres sont incongrus et n’ont ni queue ni tête comme cette série de dessins de slips kangourous dont certains ont des ailes. Oui, dit comme cela, cela semble complètement ridicule, mais là-bas, dans cette ruelle, dessinés sur cette porte en bois, cela l’a fait rire.

 

Deux jours après elles repasseront devant la ruelle. Un artiste sera en train de repeindre un mur et de refaire totalement un desssin. Elle vérifie : ses slips kangourous sont encore là.

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Crédit photos : Marguerite Legros

 

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